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Découvrir la ville > Patrimoine > Le Guilvinec : ses origines par ses quartiers
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Le Guilvinec, avec l'article - fut érigé en commune le 6 avril 1880, se séparant de sa "mère" Plomeur (la grande paroisse) pour voler de ses propres ailes vers les saveurs atlantiques.
Des vingt communes du Pays Bigouden, elle se place en ...19ème position pour sa superficie (245 ha), loin derrière la plus étendue : Plonéour-Lanvern (4 850 ha) ; devançant l'Ile-Tudy (126 ha).

Mais que se cache-t-il derrière ce toponyme, ce nom de lieu ? On lui prêt des origines aussi diverses que possible, telles :
- en forme de bec, par le vieux breton (période d'avant 1100) : " golbinoc " : rostré, pourvu d'une pointe, d'un bec.
- abondant en moineaux : par " golvini ", pluriel de " golvin ", le moineau breton.
- abondant en souches : par " kevenneg ", du breton " keven " : souche.
- jusqu'à même refuge fortifié !

Par l'étude étymologique* de quelques uns de ces quartiers, nous allons faire une tout autre approche qui, nous le pensons, nous mènera au sens exact. Le quartier qui se rapproche le plus, par sa graphie, de " Ar Gelveneg " est " Kervennec ", situé dans la partie nord et noté " Kerménec " en 1617, lequel se décompose en " Ker " et en " Menec ". Attardons-nous quelque peu sur " Ker " car nous le rencontrerons à plusieurs reprises dans cette étude et les prochaines à venir.

*Étymologie : science qui a pour objet l'origine des mots.

" Ker " ( à surtout ne pas assimiler à " ferme ") est à l'origine un " lieu habité et par la suite devient " village " et " ville ", il connaît à partir du Xème siècle une expansion rapide et durable puisque son utilisation en toponymie se chiffrait à plus de 18.000 noms, dont la moitié pour le seul Finistère. On lui prêtait alors le sens de " endroit clos ", " agglomération enclose ", sens conservé par le gallois " caer " : forteresse.
La plupart des villages d'Armorique étaient défendus par un fossé et un talus de terre mais, dans un contexte économique favorable et une paix relative qui suivra l'arrêt des invasions normandes, le sens de ce terme évoluera en " lieu habité et cultivé " pour s'appliquer à des groupes de maisons rurales. " Men " ou " Mein " : pierre, le suffixe " ec " désignant la possession. Kermenec, transformé en Kervennec, par mutation consonantique, signifie alors " le village qui possède des pierres ", que l'on traduira plus simplement par " le village pierreux " .

Notre attention s'est ensuite portée sur deux quartiers : Kerleguer et Kerleguer Vihan, situés au nord-ouest ; cette répétition suppose certainement une volonté de nos ancêtres à insister sur la matière du sol qu'ils foulaient quotidiennement.
Kerleguer est à découper en " ker ", dont le sens est déjà connu, et " kleguer " qui n'est autre que le pluriel d'un vieux mot celtique, " klog " (rocher, ou plutôt entassement rocheux). Quant à " vian ", il y a lieu de le lire " bihan " (petit).
Dans la suite logique, le quartier du Menez, à l'est, loin de signifier " montagne, mont, colline ", ou toute hauteur digne de ce nom est à prendre ici dans le sens " terrain granitique en friche ".
Toul Car Bras, au nord-est, dont la graphie moderne serait " Toull-karr braz ", est dans la même lignée que les quartiers précédents. D'aucuns pensent que " toul " (l) veut dire " trou " et ils n'ont pas tout à fait tort, mais il signifie également " carrière ", et que trouve-t-on dans une carrière ? Et surtout dans cette " grande entrée de carrière ", nous vous le demandons ! Jouxtant "Toul Car Bras, il y a Lagad Yar où des générations de Guilvinistes ont usé leurs crampons et crevé des ballons sous l'oeil attentif de notre regretté Amédée Biguais.
C'est la traduction mot pour mot du français " oeil de poule ", qui n'est autre qu'un minerai granitique.

Notre tour du Guilvinec (tro Gelveneg) ne serait pas complet sans une halte, au sud-ouest, à Men-Meur, "la " grande pierre ", quoique n'oublions pas que nous sommes dans un pays de pêcheurs, et que pour ceux-ci, " men " égale " rocher ".

Pour hâter notre conclusion, il serait fortuit de demander aux " artificiers " du tout-à-l'égout le nombre de tonnes de rochers qu'ils ont du briser pour arriver à leurs fins. Aussi, nous pouvons d'ores et déjà clore cette étude, qui sera suivie par d'autres sur le Guilvinec, ses rues, ses bâtiments, ses habitants, en affirmant que "Ar Gelveneg " procède de " Kermenec ", puis " Kervennec " altéré en " Kelvennec " , et finalement muté en " Gelveneg " par la présence de l'article défini (cf. le début de l'article), et nous voici tout bonnement à " Le Guilvinec ", qui est la francisation de " Ar Gelveneg ". A suivre...

Remerciements à Albert Deshayes, Bernard Tanguy et Jean-Marie Ploneis.

Toponymie des lieux-dits du Guilvinec :

Sources : Pierre Jean Berrou et René Pierre Kerdranvat.
Bibliographie : "Dictionnaire des noms de lieux bretons" et "Dictionnaire des noms de famille bretons" d'Albert Deshayes, édition Le Chasse-Marée/Ar Men. "Secrets et Mystères de nos Kêr" de Job Jaffre, édition Dalc'homp Soñj / Lorient.